La séduction dans le commerce (2/2)

la séduction en rêve

Les processus de Séduction : 2/2

GC : Je reprends mon rêve d’échanges avec Robert Greene

Robert Greene : « Le processus de Séduction est un art qui exige patience, concentration et réflexion stratégique. Il faut circonvenir sa proie, lui souffler de la poudre aux yeux et l’emprisonner dans un sortilège sans lui laisser le loisir de reprendre ses esprits »

Choisir sa victime :

Il s’agit de préférence d’une personne souffrant de solitude ou d’un sentiment de tristesse. Il est difficile de séduire une personne heureuse et sans imagination. Les oisifs sont des victimes de choix. Il faut éviter les carriéristes trop occupés et les gens pressés peu disponibles. Le mieux de tous est un besoin inassouvi d’aventure.

GC : Choisir sa victime en Marketing cela correspond au ciblage, à la recherche de la clientèle la plus susceptible d’être satisfaite de votre offre.

Inspirer confiance : ayez l’air de tout sauf d’un séducteur, si votre cible s’aperçoit que vous la manipulez, ou qu’elle obéit à votre volonté, elle vous en voudra. La non-directivité est un outil formidable pour le séducteur. Inspirer confiance, c’est d’abord ne jamais mentir à votre client qui finira toujours par s’en apercevoir

Une allure énigmatique fascine et donne envie d’en savoir plus.

Robert Greene Créer des besoins…sans les satisfaire : faites naître chez vos victimes tensions et frustrations. Cléopâtre mit César dans son lit le soir même, mais sa véritable séduction commença en le comparant sans cesse à Alexandre Le Grand et le poussant sans cesse à ressembler à Alexandre Le Grand, mais la personnalité de César ne faisait pas le poids par rapport à celle du Grand Alexandre ! César doutait  même de sa propre virilité. Elle sut le convaincre du contraire, le subjuguer, et lui faire croire à sa destinée de dominer le monde.

GC : politiques et commerciaux savent que pour conquérir son électorat, sa cible, il faut créer un manque,  un besoin. En 1960, Kennedy sut faire naître chez les Américains un sentiment de frustration des années 50 et qu’ils avaient reniés à leurs idéaux  et de leur perte de l’esprit pionnier. Chez votre client, c’est pareil : Faites ressentir un manque et le transformez le en besoin…

Robert Greene : Susciter la jalousie le désir : on désire souvent ce que veut autrui, on veut s’accaparer ce que l’autre possède. Andy Warhol s’entourait d’une cour, en affichant son détachement il les amenait à se disputer son attention.

Susciter le désir de posséder le même modèle qu’une personne proche de votre prospect

Maîtriser l’art de l’insinuation c’est l’art d’instiller goutte à goutte dans l’esprit de l’autre des idées qui ne s’épanouiront que plus tard à son insu. Faites des déclarations brutales suivies d’excuses et de rétractations, vos propos ne libéreront leur sens véritable que dans le subconscient de votre victime. Pour implanter le germe d’une idée séductrice, il faut faire appel à l’imagination, aux fantasmes, aux rêves secrets de l’autre.

GC : Ce qui met en branle l’esprit de votre client, c’est d’évoquer ce qu’il a envie d’entendre. L’insinuation est efficace parce qu’elle court-circuite les résistances naturelles, mais aussi parce que c’est le langage du plaisir.

Robert Greene : Habiter l’esprit de l’autre, c’est se mettre à sa place. Peu à peu, c’est lui-même que vous amènerez à regarder par vos yeux. On se protège à l’intérieur d’une carapace et le meilleur moyen de le faire sortir de sa coquille et de ne faire qu’un avec lui, de lui renvoyer son image ainsi sa vanité ne se sent pas menacé.

Donner à votre client  l’illusion que c’est lui qui vous séduit. Que vos idées sont les siennes.  Chacun est centré sur ses goûts, ses expériences, ses opinions. Pour devenir le miroir des gens, il faut focaliser sur eux une attention intense, il faut qu’ils sentent l’effort que l’on fait et cela les flatte.

Robert Greene : Proposer la tentation. De même que le serpent a tenté Eve en lui promettant des connaissances interdites, vous devez éveiller chez votre cible des désirs qu’elle est incapable de maîtriser, découvrez le rêve qu’elle n’a pas réalisé, et laissez-lui croire que vous pouvez l’y conduire. Le monde est plein de tentations, c’est dur de rester vertueux et probe, de refouler sans cesse ses désirs les plus puissants. Il est beaucoup plus coûteux en énergie de résister que de céder à la tentation.

GC : Mais n’oubliez pas de rester vague quant aux espoirs futurs de vos clients. Si vous vous montrez trop précis, ou si les récompenses espérées sont trop proches vous risquez de décevoir.

Robert Greene : Troubler par la magie du discours : il n’est pas facile de parvenir à être écouté ; les autres, concentrés sur leurs propres préoccupations et désirs, ne s’intéressent guère aux vôtres. Faites-les vibrer par des phrases chargées d’émotions, flattez-les, rassurez-les, emmaillotez-les d’illusions, de promesses et de mots doux. La clef du langage de la séduction ne réside pas dans les mots que l’on prononce ni dans le ton enjôleur.

GC : Pour que vos paroles soient une musique agréable, parlez aux autres de ce qu’il leur fait plaisir, de ce qui les concerne, de ce qui flatte leur vanité. La forme de langage la plus anti séductrice est la polémique.

Robert Greene : Entretenir le suspense en ménageant des surprises calculées et donner le frisson à votre victime en changeant brusquement de cap. Il vous suffit de mettre un peu d’imprévu dans la vraie vie. Les meilleures surprises seront celles qui révéleront un aspect nouveau de votre personnalité.

Le sultan Chahriar prend chaque soir une femme vierge et la tue au matin, seule Shéhérazade parvint à échapper à son sort en racontant au sultan une histoire qu’elle ne peut achever que le lendemain.

GC : N’utiliser pas de suite tous vos arguments, ne tirez pas toutes vos cartouches à la fois, conservez-en comme des éléments complémentaires qui viendront en leur temps. Faites durer le suspens d’une remise possible en déclarant qu’il faut que vous alliez en demander l’autorisation à votre responsable.

Robert Greene : Soigner les détails, les déclarations enflammées, les grands gestes éveillent la méfiance. Les mots ont le pouvoir d’égarer, de distraire, de flatter la vanité de l’autre. Le plus séduisant de tout, ce n’est pas ce que l’on dit, c’est ce que l’on communique sans rien dire, mais les mots s’envolent, ils n’engagent à rien et s’oublient très vite.

GC : Le petit geste, le judicieux cadeau, le détail personnalisé possèdent une consistance et une vie plus réelle, car ils parlent d’eux-mêmes et signifient davantage que ce qu’ils sont.

Robert Greene : S’auréoler de poésie ajoutez à votre image une touche de poésie ou des attributs exotiques. Chaque fois que l’autre est seul avec ses souvenirs de vous, il vous imagine auréolé de tous les plaisirs que vous lui promettez. Cette aura vous distinguera entre mille. Il n’est possible de séduire qu’en suscitant le rêve.

GC : Faites rêver vos Clients, par des images qui éveilleront son imagination.

Robert Greene : Être désarmant, c’est l’inquiétude qui amène le soupçon, si votre cible se sent supérieure à vous elle sera tranquille, vous trouvant trop faible, trop en proie à vos émotions pour manigancer quelque chose.

Don Juan, le héros de Byron n’est pas un séducteur, mais un homme continuellement traqué par les femmes.

GC : Avouez quelque méfait, jouez les victimes des circonstances, de l’emprise que l’autre a sur vous. Ne vous acharnez pas à lutter contre vos fragilités, soyez à la fois sincère et machiavélique.

Robert Greene : Créer l’illusion, pour échapper aux dures réalités de l’existence, les gens se plaisent à rêver éveillés, à s’imaginer un avenir de succès, d’aventures et d’amour. Les gens ont envie de croire en des choses extraordinaires, au prix d’une petite préparation mentale ils se laisseront prendre par l’illusion. Chacun a connu des déceptions dans sa vie. La perspective de récupérer quelque chose qu’on a perdu, de voir corriger une injustice est irrésistiblement attirante. Aucun désir n’est aussi fort que celui de refaire le passé ou d’effacer une déception.

GC : Faites croire à l’autre qu’il est en train de réaliser ses aspirations les plus profondes. Amenez votre client à un état de confusion tel qu’il ne fasse plus la différence entre illusion et réalité

Si vos actes ne confirment pas vos paroles, on doutera de votre sincérité. Vous devez offrir des preuves tangibles de ce que vous prétendez. L’occasion de prouver votre désintéressement se présente souvent à l’improviste.

Robert Greene : Provoquer une régression. Ceux qui ont connu des moments de grands plaisirs souhaitent les revivre. Procurez aux autres une sensation de protection analogue à celle que ressent l’enfant. Sans vouloir le reconnaître, nous avons tous envie de régresser, de nous dépouiller de notre façade d’adulte pour donner libre cours aux émotions infantiles qui se cachent dans les profondeurs de notre inconscient. Pour s’en servir, il faut jouer les thérapeutes en encourageant l’autre à parler de son enfance. Au fil de cette confession, il vous révèlera ses petits secrets. Tant que l’autre parle, soyez attentif, mais discret, avec à l’occasion un commentaire, mais sans jamais de jugement.

GC : Jouer les thérapeutes n’est pas à la portée de tous, tant il est difficile de rester dans des limites utiles au débat, d’éviter les digressions, et surtout une rupture de communication avec votre lient, voire de provoquer un rejet ferme et définitif.

Robert Greene : Offrir le fruit défendu : la société est bâtie sur des interdits. L’attrait du tabou est tel qu’on le convoite immédiatement. L’homme est un animal étrange : dès qu’on lui impose des limites physiques ou psychologiques, il devient curieux d’explorer l’interdit.

Tristan et Iseult n’atteignent le paroxysme du bonheur qu’à cause des tabous qu’ils violent.

GC : De nos jours, notre société permissive n’impose guère de limites ; trouvez-en ! Une qualité moyenne n’exerce qu’un attrait modéré. Ce sont les extrémistes les plus radicaux qui nous séduisent le plus. Une proposition d’un avantage procuré par un interdit peut séduire.

Robert Greene : Convoquer le sublime : la religion est le système de séduction le plus élaboré que l’homme ait jamais créé, elle nous promet l’immortalité, elle constitue un grand baume qui nous élève vers quelque chose qui nous dépasse. Nous avons tous besoin d’une foi, quelle qu’elle soit. Affirmez votre mépris de l’argent, du sexe, du succès. Aspirez à quelque chose de plus profond, de plus spirituel.

Le mystique russe Raspoutine séduisait les femmes par Sa Sainteté et ses pouvoirs de guérison. Pour lui, l’amour de Dieu n’était qu’une version sublimée de l’érotisme.

GC : Mobilisez votre prospect sur une grande cause, qui offrira une compensation personnelle d’une dépense peut-être excessive ou mal venue.

Robert Greene : Devenir proie : donnez l’impression que le séducteur a envie de se laisser séduire. Gardez une certaine distance, sans aller jusqu’à demeurer dans l’anonymat. Cultivez le mystère, montrez-vous inexplicablement distant, suscitez l’angoisse.

Votre cible, pour éviter un rejet spontané de votre part, s’interrogera : « est-ce de ma faute » ? « Qu’est-ce que j’ai pu faire »? Elle reprendra alors les initiatives pour vous reconquérir. La volonté d’une personne est directement fonction de sa libido.

Réveiller la bête : le message doit passer non pas à travers les mots, mais à travers le corps et les sens, lire du désir dans vos yeux, dans le frémissement de votre voix.

La Belle Otero était un brasier permanent, une insatiable érotomane avec des regards assassins, des allusions grivoises. Le Prince Albert, piètre amant, se croyait « un bouc, un bélier, une bête, une brute » la Belle Otero lui donnait l’impression d’être l’initiateur.

Savoir porter le coup final : le moment venu, ne faites jamais l’erreur de vous retenir ou d’attendre poliment, respectueusement que l’autre vienne à vous.

GC : Le coup final, pour vous c’est souvent la signature d’une commande. N’attendez pas que votre client vous dise : « c’est d’accord je vous commande… »

N’attendez pas un « meilleur moment » pour extirper le bon de commande, sortez-le rapidement, et commencez à le remplir…en attendant un refus catégorique de votre client…où vous n’aurez qu’à déchirer ce que vous aviez entrepris de remplir.

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