Quelle sera notre alimentation dans le futur 2030 ?

Texte extrait du livre : Marketing & Commerce, Évolution et Prospective “Le commerce d’aujourd’hui et de demain” (2018 – 575 pages – 30 €)

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  • Comment nourrir 8,5 milliards de personnes ?
  • Notre alimentation a changé depuis le néolithique, mais le vrai bouleversement est encore à venir.
Certes, notre alimentation a changé depuis le néolithique, en abondance, en qualité, en diversité et surtout en sécurité alimentaire (depuis la galette noircie trouvée en Jordanie et datant de 14 000 ans), mais finalement cela n’a pas provoqué de grands bouleversements, nous mangeons encore principalement toujours de la viande, du poisson, des céréales, des légumes et des fruits. Le riz, reste le riz, les pâtes existent en Italie depuis que Marco Polo les a ramenées de Chine. D’abord vendus durant des siècles comme des produits génériques. Le premier nom de marque existe depuis seulement 1746. Le poisson, la viande, les légumes, les fruits n’ont pas beaucoup varié. Le vrai changement est encore à venir, par l’apparition de mets déshydratés, d’aliments liquides « augmentés », de nouvelles variétés et de nouveaux produits issus de laboratoires de recherche. Ces transformations seront surtout les fruits des industriels de la transformation, ou de chercheurs à la quête du meilleur (ou parfois, seulement du moins cher !).

Que peut-on attendre comme réelle innovation dans notre future alimentation ?

  • des insectes, comme source de protéines animales alternatives à la viande. Oui sûrement, les fermes (Big Cricket FarmsEntomo Farms aux États-Unis) et les producteurs alimentaires avant de nous faire croquer directement des grillons se concentreront sur la production de farines de protéines à base d’insectes à incorporer dans des plats préparés.
insectes
insectes bien croustillants
  • des algues, elles constituent une source protéinée très intéressante qui permettrait d’utiliser les océans comme terrain de culture ; déjà depuis quelques années, ces végétaux aquatiques (spiruline, laitues de mer…) se retrouvent dans nos assiettes :
  • le kombu royal (l’allié minceur), très riche en fibres, il renferme un pigment brun, la fucoxanthine, qui favorise la dégradation des triglycérides. Doté d’une bonne teneur en potassium, il a une légère action diurétique. Attention : sa teneur en iode est particulièrement élevée ! Cette algue brune se distingue par ses bonnes teneurs en vitamine B9 (acide folique), en calcium et en fer, des nutriments bénéfiques pendant la grossesse.
  • le wakamé ? On l’utilise en feuille émincée dans les soupes miso et les côtes, juste blanchies, dans des salades. On peut aussi le saupoudrer en paillettes sur des plats froids, avec du jus de citron ou du vinaigre.
  • le haricot de mer, cette algue brune en forme de haricot est particulièrement riche en tanins aux effets antioxydants. Elle est également source de magnésium, de fibres, et se distingue par sa bonne teneur en vitamine C.
  • la dulse, riche en protéines, fer, manganèse, magnésium, calcium, iode, vitamines K, C, B9 et K1, elle affiche un rapport sodium/potassium inférieur à 0,5 : du coup, elle donne un léger goût salé sans les inconvénients du sel.
  • la laitue de mer en cas de fatigue, particulièrement riche en minéraux, notamment en magnésium antistress et en fer antifatigue. Ses sucres sulfatés, les ulvanes, renforcent l’immunité et possèdent une action antimicrobienne.
  • le nori, coup de pouce aux végétariens, la macro-algue la plus riche en protéines : 35 à 50 %. Elle affiche par ailleurs de bonnes teneurs en manganèse et en bêtacarotène.
  • la spiruline, cultivée en eau douce, est ultra-riche en bêtacarotène, fer, calcium, phosphore, magnésium, zinc, cuivre, chlorophylle… et renferme jusqu’à 70 % de protéines bien assimilées. Idéale en cas de dénutrition ou de carences.
  • du bacon végétal (Palmaria Palmata) : derrière ce nom se cache une algue rouge qui a la particularité de ressembler, d’avoir la même odeur, et d’avoir le même goût que le bacon. Cette algue a l’avantage d’être facilement cultivable pour un prix minime, mais surtout de ne pas avoir d’impact négatif sur l’environnement contrairement aux élevages de porcs.
  • des légumes hybrides : après 15 ans de recherche, l’entreprise Thompson & Morgan a créé une espèce de plante qui peut faire pousser différents légumes sur un seul et même pied. La première plante hybride se nomme la Tomtato, et fait pousser à la fois des tomates et des pommes de terre.
  • du Synsepalum Dulcificum, du nom d’un fruit qui pourrait bouleverser notre alimentation. Ce « fruit miracle » contient de la miraculine, similaire au sucre, sans en avoir les mauvaises qualités.
  • les lentilles d’eau, des plantes aquatiques d’une grande rapidité de production et particulièrement riches en protéines qui pourraient jouer leur rôle dans l’effort de substitution aux protéines animales.
  • de la nourriture liquide ou enrichie ? L’idée n’est pas si farfelue. De nombreuses entreprises se placent sur ce marché et développent des produits qui, pour le moment, peuvent remplir 20 % de nos besoins quotidiens. Des boissons devraient pouvoir remplir 100 % des besoins en alimentaire d’ici 2050.
  • des enzymes et des levures, en 2030, les enzymes génétiquement modifiées permettront certainement de donner au lait la même saveur, malgré les saisons, les espèces de vaches et leur type d’alimentation. Il en va de même avec le vin ! La construction de souches de levure OGM permettra de fabriquer des vins très appréciés, à moindre coût et de qualité constante. Quant au pain, l’utilisation d’enzymes résistantes à la température de cuisson, empêchera celui-ci de rancir pendant deux semaines.
  • des nanobiotechnologies contre les OGM, des « aliments automatiquement modifiés », appelés également nanobiotechnologies pourraient coiffer au poteau les OGM.
  • de la viande de synthèse : la Nasa a déjà travaillé sur de la viande de synthèse, et a réussi à produire de la viande in vitro. Ce serait assez pratique de pouvoir produire un steak dans une éprouvette ! (gaz à effets de serre ultra-réduits, réduction en eau et en énergie, sans oublier diminution des coûts). Mark Post a conçu un steak artificiel en 2013, qu’il a fabriqué à partir de cellules-souches de vache cultivées en laboratoire.
viande de synthèse
viande de synthèse

Des changements pourraient se matérialiser par de nouvelles « approches » de l’alimentation

  • Une étude tout à fait sérieuse, menée par des scientifiques de l’université d’Oxford, the Bittersweet study (« l’étude aigre-douce »), suggère de produire des aliments dont l’effet serait renforcé par un environnement sonore.
  • On peut même aller plus loin : utiliser notre propre génome pour identifier précisément ce dont nous aurions besoin. Ainsi, on peut imaginer que les parents par exemple disposeraient d’une base de données concernant chaque membre de la famille pour déterminer les menus de la semaine. Un peu plus de fer pour l’un, de potassium pour un autre.
  • Une course au clonage et aux modifications génétiques de la chaîne alimentaire s’opère aux quatre coins du monde, pour préserver l’environnement et résoudre la crise de l’élevage.
  • Les cultures, en 2030, les céréales et les légumineuses (avec de nouvelles semences), n’auront plus besoin d’engrais azotés. Génétiquement modifiées, elles seront en effet capables de fixer l’azote dans l’air. Ces recherches ont débuté dans les années 1980, en partenariat avec l’INRA, l’Institut Pasteur et la société Elf-Aquitaine.
  • Une alimentation virtuelle : déguster un repas… sans manger ! Grâce à un dispositif original alliant un casque de réalité virtuelle, des diffuseurs d’odeurs et de sons, et des couverts un peu spéciaux afin de percevoir les saveurs, les odeurs et la texture d’aliments totalement imaginaires.

Modifier notre manière de consommer :

  • des repas livrés à domicile ou en kit préparés dans une imprimante 3D ;
  • la consommation de produits locaux (même en grande distribution), plus éthiques, plus sociétaux ;
  • la progression du bio ou d’une agriculture raisonnée et responsable ;
  • la montée d’un végétarisme et du véganisme (protéines végétales) ;
  • le flexitarisme progresse chez les jeunes qui continueront à manger de la viande, mais moins souvent, et de meilleure qualité ;
  • des emballages comestibles, des scientifiques américains ont développé un nouvel emballage alimentaire comestible à base de protéines de lait, avec l’objectif de réduire les déchets liés à l’alimentaire… et de se nourrir en même temps.
Emballages Comestibles
emballages comestibles

Cette nouvelle alimentation devra répondre simultanément à trois objectifs :

  • répondre à nos besoins nutritionnels ;
  • prévenir les risques de maladies chroniques liés à certains aliments ;
  • limiter l’exposition des consommateurs aux contaminants chimiques présents dans l’alimentation (pesticides).
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