Par leur rôle contre la violence, les commerçants méritent un prix Nobel de la paix (n° 2)

Les premières réflexions du think tank, Commerçants du monde

La médaille du prix Nobel de la paix

De par leur rôle contre la violence et le développement de relations commerciales dans les sociétés primitives,  les commerçants du monde mériteraient de recevoir un prix Nobel de la paix.

Si vous souhaitez prolonger ce débat et exprimer vos idées, vous êtes les bienvenus pour le faire en ligne dans les commentaires de l’article de notre blog.

Si le mythe du « bon sauvage » s’est développé au cours du XVIIIsiècle, avec Rousseau, Diderot et Voltaire, les chefs de file de la philosophie des Lumières. Il est vrai que les peuples primitifs se devaient de vivre en parfaite harmonie avec la nature, dont ils dépendaient grandement, mais aussi entre eux au sein d’une communauté pour la survie du groupe lui-même. Ils n’étaient pas alors animés de cupidité, ni de volonté d’accumuler des biens plus que nécessaires pour survivre.

Pour les actes de la vie courante, les peuples ne se dotaient pas toujours d’un chef, les décisions étaient prises en groupes souvent guidés par les anciens, voire les ancêtres. Mais cela ne signifiait pas, de leur part, une absence de violence et d’agressivité. En fait, les sociétés primitives étaient des sociétés violentes ayant besoin de « faire la guerre » indépendamment de tout problème de subsistance contre la nature (la chasse). Elles devaient régler nombre de problèmes par la force, reconnus classiquement pour :

  • se procurer la quantité de nourriture nécessaire ;
  • la conquête de territoires de chasse.

D’autres bonnes raisons de se faire la guerre subsistaient aussi

La violence

  • Créer entre les membres d’un groupe une raison d’exister comme tel.
  • Tisser du lien social entre les individus du groupe.
  • Se procurer une identité d’indépendance politique.
  • Renforcer un « idéal d’autarcie » nécessaire (un idéal anti-échangiste « anticommercial »).

D’autres causes de violences possibles, dont on parle moins souvent

Enlèvement des Sabines par Pietro da Cortona, 1627-1629, Musées du Capitole, Rome.

  • Lutter contre l’inceste et la consanguinité au sein de la tribu par la conquête de femmes « étrangères » :

– soit d’une manière violente ;

– soit en tissant des alliances « de paix » par échange (matrimonial) de femmes. Sachant qu’une alliance politique sera plus solide quand elle est faite entre « beaux-frères ». Cet échange de femmes permettait au groupe de gagner des femmes, mais en en perdant tout autant, tandis que par une guerre pour acquérir des femmes supplémentaires? cela apportait au groupe d’en gagner sans en perdre aucune. Mais les risques d’une guerre étaient énormes (mort, blessures), même si les femmes étaient alors gratuites. L’intérêt des peuples primitifs commandait donc de préférer pour cela, la guerre à l’échange. Il n’en fallait pas beaucoup pour que lors d’un échange la violence surgisse et se transforme en guerre.

La guerre ou des échanges (du commerce) ?

Selon Lévi-Strauss (anthropologue, père du structuralisme, archéologue des totems et des mythes), la guerre survenait en cas d’un échec d’un échange et que plus il y avait d’échanges moins il y avait de guerre. Mais son raisonnement est faux : la guerre n’est pas un raté d’un échange, mais c’est plutôt l’échange qui est un effet tactique de la guerre.

Le philosophe anglais Spencer écrit dans ses Principes de sociologie : « Dans la vie des sauvages et des barbares, les événements dominants sont les guerres ».

Selon Leroi-Gourhan (ethnologue, archéologue et historien français, spécialiste de la préhistoire) : « La violence est comme une donnée naturelle qui plonge ses racines dans l’être biologique de l’homme. ».

La violence se détermine donc comme un moyen d’assurer la subsistance de l’espèce. En fait, toute technique d’acquisition alimentaire (la chasse) engendre le plus souvent de la violence.

La rupture d’une « distance de sécurité » entre deux territoires de chasse, poussait, chaque communauté au conflit armé car elle risquait de perdre de son individualité. L’étranger étant par définition un ennemi potentiel. Cette concurrence entre les groupes voisins les incitait à vouloir s’approprier les ressources de l’autre par la violence.

Les échanges commerciaux, qui peuvent entraîner des guerres potentielles, favoriseront la résolution pacifique de conflits possibles déclenchant ainsi la survenue de la paix entre les tribus.

Benjamin Constant (homme politique et écrivain franco-suisse) disait : « Plus la tendance commerciale domine, plus la tendance guerrière s’affaiblit. ».

Montesquieu dans De l’esprit des lois, en 1748 disait : « L’effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l’une a intérêt d’acheter, l’autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels. ».

En fait, ce que prétend Montesquieu, c’est que le commerce ne crée pas d’harmonie entre les hommes, mais une sorte de fausse paix derrière laquelle se cachent des rapports fondamentalement immoraux.

Solomon W. Polachek et Carlos Seiglie (professeurs d’économie) constatent que « Les nations commerçantes coopèrent davantage et se battent moins. Un doublement des échanges commerciaux conduit à une diminution de vingt pour cent de la belligérance ».

Merci à Pierre Clastres pour son livre “Archéologie de la violence”

Merci d’avance de nous donner votre avis : cela nous fournira des arguments supplémentaires pour convaincre le comité Nobel (en 2020) que les commerçants méritent bien de recevoir un prix Nobel de la paix !

 

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