Ne dites plus commerce de “proximité”, mais commerce de “COMMODITÉ”

Nombreux sont ceux qui parlent de la fin des commerces de proximité (on devrait parler de recomposition plutôt que de désertification).

Ne vaudrait-il pas mieux parler de la naissance d’un nouveau commerce de « COMMODITÉ » ? Avec diversification et adaptation des services proposés aux évolutions des nouvelles pratiques quotidiennes des habitants, que ce soit en centre-ville, en zone périurbaine ou en zone rurale.

Les commerces dits de « proximité »

La notion de proximité est toute relative dans notre monde actuel, communément on considère qu’un commerce de proximité se situe à moins de 10 minutes.

  • À pied ou en voiture ? Déjà cette distinction change de beaucoup la notion de proximité (nombre d’acheteurs sont à moins de 10 minutes d’un hypermarché, comme nombre d’habitants urbains sont à plus de 10 minutes de leur boulangerie).
  • À pied : entre en jeu la notion d’accessibilité réelle des piétons, en particulier pour les personnes âgées, ou à faible mobilité. Les trottoirs sont-ils assez larges pour être utilisés en toute sécurité ?
  • En centre-ville, des travaux ne transforment-ils pas l’accès aux magasins en un véritable parcours du combattant, surtout muni d’une chariote.
  • De nos jours, les livraisons à domicile solutionnent de beaucoup ce problème (Amazon étudie la possibilité de livraisons directement dans les coffres des voitures de ses clients).
  • En voiture, se pose la grande question des parkings : sont-ils vraiment à proximité des commerces (de proximité) ? Sont-ils gratuits ou payants ? Certaines municipalités proposent des initiatives intelligentes (gratuité durant un certain temps permettant de faire une course ou deux, navettes urbaines…).
  • Les marchés constituent un bon exemple de commerces de proximité, mais bien souvent ils se situent sur l’emplacement habituel de parking des voitures ! Ce qui les rend d’accès plus « éloigné » (sans compter les 5 à 10 minutes pour trouver une place de libre).
  • De grandes enseignes cherchent aujourd’hui à créer une image plus proche de leur clientèle à travers de nouvelles « stratégies de proximité ».

Bref, cette notion de commerce de proximité est bien trop large, la proximité de nos jours n’est intéressante que dans le cas d’immédiateté : je stationne devant la boutique, je fais mes courses, je charge mon coffre et je repars.

Le commerce de « COMMODITÉ »

Cette notion de commodité ou de convenance (de « quotidienneté » si vous voulez) me semble mieux adaptée aux nouveaux besoins des consommateurs (en particulier à ceux « exclus de la mobilité automobile »), ou ceux qui attendent plus de services. Commodité sous-entend aussi facilité d’accès, mais inscrite dans une « logique de synergie » : une gamme de services que l’on pourrait y trouver à l’exemple des grands centres commerciaux :

  • un parking gratuit à proximité des boutiques, mais celui-ci à échelle humaine ;
  • une gamme de métiers de bouche regroupés sur ce lieu dédié (boulangerie, fruits et légumes, boucherie, café-tabac-PMU, supérettes).
  • des billetteries, points relais colis, point presse, commerces ambulants sur le parking ;
  • des petits services à la personne (coiffeur), station d’essence, vente de gaz, petits dépannages ;
  • des points de ramassage une fois par semaine de cordonnier, blanchisserie…
  • Lulu dans ma rue

    Lulu dans ma rue

    des permanences temporaires de services publics (poste, impôts, municipaux, d’assureurs, de services juridiques…).

  • l’installation de distributeurs automatiques 24 h/24 et 7 j/7 (pain, lait, plats préparés, légumes frais…) ;
  • une gamme de services complétée par des tournées de commerçants ambulants pour clients isolés ;
  • l’élargissement des horaires d’ouverture pour répondre à nos nouveaux modes de vie ;
  • une conciergerie « de territoire » (une forte tendance actuelle) : un multiservice délocalisé en milieu rural associant boutique physique et site Internet. Par exemple, les conciergeries RIT : des espaces de services, qui vont d’une agence postale à la mise en relation avec des artisans et prestataires pour le ménage, le jardinage, la plomberie ou la garde d’enfants, des boxes de retraits, du drive, des livraisons, des commandes par Internet. Enfin, un espace snacking… un ordinateur en libre accès avec Internet.

La société de services Lulu dans ma rue propose, outre les traditionnels services de ménage, bricolage et soutien scolaire, d’arroser les plantes, de transporter des objets, de remettre des clefs, de sortir le chien ou de réceptionner plis et colis. Montant du coup de main : de 5 à 10 € les vingt minutes.

Cette synergie a pour objet de revitaliser un centre de bourg : par exemple une place piétonnière, une conciergerie rurale, un béguinage, un espace de coworking, un café associatif et une salle de convivialité. Tout ceci est rassemblé au centre du village d’Hardifort.

Naturellement, ce regroupement de commerçants indépendants doit être managé sous une responsabilité unifiée, tel un véritable centre commercial sous la supervision du groupement des commerçants ou de municipalités ayant participé à la création de ce centre de commerces de proximité.

En conclusion

commerces en centre-ville

commerces en centre-ville

Bravo aux commerçants qui savent mettre en place des stratégies d’approvisionnement alternatives et innovantes pour remplacer ces « petits » commerces que médiatiquement on se plaît à souligner la disparition.

La désertification des centres-villes est plus visuelle que réelle : certains petits commerces y sont en plein développement (boulangerie, charcuterie), mais l’absence de piétons et l’aspect « vieillot » des certaines devantures abandonnées depuis des lustres, sans compter la « délocalisation » de services publics contribuent grandement à cet aspect « désert » des centres-villes. C’est donc bien aux municipalités plutôt qu’aux commerçants qu’incombe la responsabilité de la désaffection de ces anciennes rues commerçantes.

« Rien ne disparaît, tout se transforme. »

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