La désertification des centres-ville : une grande cause nationale ?

Texte extrait du livre :

Marketing & Commerce, Évolution et Prospective

« Le commerce d’aujourd’hui et de demain » – (2018 – 575 pages – 30 €)

Pour acheter : http://mktg.the-commerce.com

La désertification des centres-ville  :

La désertification de centres-ville entraîne la mort économique des villes moyennes à cause :

  • de la perte des emplois ;
  • de l’insécurité et la disparition des liens sociaux ;
  • Une rue désertée

    Désertification en cours d’un centre-ville

    de la réduction des challants (nombre de touristes et de visiteurs) ;

  • de la paupérisation et la diminution de la population ;
  • d’une dépréciation immobilière par manque de rénovation des logements anciens ;
  • du développement des cités-dortoirs ;
  • d’une diminution du dynamisme économique des villes (moyennes) ;
  • de la quasi disparition des commerces de « proximité » ;
  • de la fuite des équipements et des services du quotidien ;
  • d’une modification inexorable des centres de vie sociale, citoyenne, culturelle et religieuse ;
  • d’un mauvais système de transports qui entraîne  la mort des villes moyennes

 

Le management des centres-ville :

Historique du « management de centre-ville » :

Années 1980 : Naissance du concept de management de centre-ville au Canada avec les Sociétés de Développement Commercial (SDC), en Grande Bretagne et plus récemment en Belgique ;
1996 : Bayonne est la première ville en France à adopter ce concept ;
1998 : Lille se lance dans cette démarche et embauche un gestionnaire de centre-ville ;
2001 : Premier dispositif créé en Rhône-Alpes à Saint Etienne.

Aujourd’hui, en France, environ 150 managers de centres-ville ont été recrutés. Ils sont chargés de constituer une interface entre les commerçants et la collectivité. L’objectif est de travailler ensemble pour réussir à faire vivre le commerce de centre-ville.

 

 Comment dynamiser un centre-ville et lutter contre sa désertification

« Une grande cause nationale » ?

  • désigner (recruter) un « manager du centre-ville » (un coordinateur-meneur d’hommes) dédié à un tel projet pour animer les « bonnes volontés » du centre-ville  ( a constitué un excellent dossier sur le sujet. Décideurs du dynamisme d’un centre-ville: Lisez-le!)
  • mobiliser et réunir tous les acteurs possibles pouvant jouer un rôle de ce développement (municipalité, urbanistes, collectivités, syndicats et bien sûr les commerçants directement intéressés…) ;
  • analyser ce territoire en termes d’opportunités et de menaces (faire un SWOT) ;
  • transformer cette analyse en plan d’actions et le faire partager par tous les acteurs concernés ;
  • créer de l’événementiel commercial (« la semaine du… ») ou sociétal (carnavals, fêtes médiévales, rallyes, expositions, festivals, marchés nocturnes, vide greniers…) pour planifier une animation régulière en centre-ville ;
  • ouverture des magasins sans interruption pour le déjeuner, ainsi que les jours fériés et les dimanches légalement ouvrables.
  • choisir et développer un thème « attirant » (antiquaires, artistes, arts contemporains, festivals, historique autour d’un monument ou d’une personnalité native, d’une industrie locale…).
  • repenser la mobilité, face aux modifications des modes de vie et des comportements d’achats des citoyens ;
  • prévoir des stationnements de voitures limités à 20 – 30 minutes gratuites, proches des boutiques, bien signalés avec pourquoi, pas indiquer le nombre de places disponibles, ou encore un service de navettes vers le centre ou encore des “chèques parking” de 1 ou 2 euros remis par les commerçants ;
  • fluidifier la circulation (flux de visiteurs) lors d’événements exceptionnels et organiser des parkings temporaires ;
  • réactiver la consommation de proximité dans les quartiers du centre pour cela, réaménager les bâtiments (les logements au-dessus des boutiques sont souvent difficiles à mettre aux normes ») ;
  • permettre économiquement à tous (et plus particulièrement les plus démunis) d’y vivre et de s’approvisionner au jour le jour ;
  • proposer des aides financières ou exonérations aux commerçants pour moderniser leurs commerces (digitalisation, service de livraison à domicile, agrandissements des points de ventes en regroupant des boutiques contiguës) ;
  • prévoir un « guichet unique des autorisations » (documents d’urbanisme, architecte des bâtiments de France) et la suppression des CDAC en centre-ville (commissions départementales d’aménagement commercial) ;
  • diminuer les loyers des commerces sont souvent trop élevés (prévoir même des exonérations temporaires de loyer) ;
  • possibilité de signer des baux commerciaux de courtes durées ;
  • regrouper des boutiques libres, contiguës pour mettre à disposition des surfaces de vente plus grandes avec développement du confort urbain ;
  • faire revenir des « acteurs de vie » en centre-ville : des commerces de bouche, des grandes enseignes dynamiques (« AmazonGo ») en version Beta avec sa technologie « Just Walk Out »). Afin de proposer en ville une offre commerciale suffisante et de qualité, mais aussi des services à la personne, des collectivités sociales et des antennes d’administrations, et aussi des médecins, avocats, conseils… ;
  • les étudiants représentent à eux seuls une source d’animation d’un centre-ville (association, maison des étudiants, loisirs, commerces spécialisés). Offrir à cette clientèle des lieux festifs et des modes de consommation modernes et de proximité, alliant digitalisation et rapidité d’achat;
  • créer une application digitale, locale et centralisée sur les offres de toutes les boutiques du centre (heures d’ouverture, promotions, événements commerciaux…), voire l’emplacement des places de parking disponibles ;
  • organiser localement des livraisons à domicile rapides et à moindre coût (souvent à la charge de l’acheteur). Plusieurs organisations : Birdiz (2016), Moneytime (2017), Urb-it (2016) existent déjà pour des grandes villes européennes, mais des associations locales de commerçants pourraient se regrouper pour mutualiser un tel service ;

Suggestions à nos élus et autorités politiques

  • envisager un moratoire temporaire sur les implantations de grandes surfaces (60 % de progression des surfaces, pour 30 % de consommation en plus) ;
  • simplifier les règles d’urbanisme ;
  • décider d’une refonte de la fiscalité applicable aux différents types de commerces ;
  • interdire l’usage des marges-arrière de la grande distribution pour ré équilibrer la concurrence au sein des distributeurs ;
  • rachat de locaux commerciaux « abandonnés » pour une rénovation, avant remise en fonction ;
  • créer des emplois administratifs après les avoir délocalisés à tout va et même parfois dans des zones ou il n’y a même pas une ligne de bus !
  • les accès vers le centre doivent être facilement et rapidement accessibles à pied par tout le monde (handicapés, personnes âgées) ;

Un plan à l’échelon national contre cette désertification :

À la suite de la deuxième conférence des territoires, qui a eut lieu à Cahors. Édouard Philippe a ainsi annoncé que 5 milliards d’euros seraient alloués à ce plan, baptisé « Action cœur de ville” qui s’adresse aux villes moyennes.

En partenariat avec l’Association des Maires de France et le Ministère de l’Économie, le Conseil du Commerce de France a rédigé le Guide du commerce de centre-ville. Il fournit des conseils en matière de diagnostic, d’aménagement, d’attractivité et d’organisation de la démarche concertée avec les acteurs économiques.

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