La disparition des commerces dans les centres-ville : coup de gueule et solutions

Texte extrait du livre :

Marketing & Commerce, Évolution et Prospective

« Le commerce d’aujourd’hui et de demain » – (2018 – 575 pages – 30 €)

Pour acheter : http://mktg.the-commerce.com

 

La disparition des commerces dans les centres-ville est encore plus criante en ces jours de fête de la consommation. Sur ce site, on souhaite défendre et soutenir les commerçants. Mais cette fois-ci Guy Couturier a surtout voulu manifester son mécontentement et mettre en avant des dysfonctionnements que certains commerçants (ne logeons pas tous les commerçants à la même enseigne) ont provoqués. C’est un peu comme se tirer une balle dans le pied. Causes et solutions.

59 % des Français (64 % des 18-25 ans) sont attachés à leur cœur de ville. Mais seuls 32 % d’entre eux jugent leur centre-ville dynamique. Pourquoi le boudent-ils ?

Quand on circule dans un centre-ville d’une ville moyenne, on remarque qu’il y a beaucoup de magasins fermés ou à vendre. Ce sont  rarement de beaux magasins avenants, mais plutôt des boutiques tristes à en mourir, non rénovées depuis 20 ans, sans enseigne, sans décoration extérieure.

La faute aux commerçants ?

  • Les propriétaires sont souvent les mêmes personnes qui sont à la tête de l’Union de commerçants du Centre Ville et qui sont chargées de lutter contre l’extension des Centres commerciaux de périphérie.
  • Les mêmes qui refusaient d’investir dans des actions d’animation qui auraient aussi pu servir à leurs collègues-concurrents du Centre Ville.
  • Les mêmes qui votent les exclusions de la circulation automobile dans les rues, ou la construction de parkings gratuits, sous prétexte que ça pourrait faire venir n’importe qui en ville, les mêmes qui râlent quand on construit une ligne de tram ce qui les empêchera de garer leur propre voiture juste en face de leur magasin.
  • Ce sont les mêmes commerçants qui refusent d’adhérer à un groupement, une enseigne d’indépendants, une franchise, parce qu’ils perdaient leur pouvoir de décision.
  • Ces mêmes commerçants (qui ont su bien souvent investir dans une villa sur la Côte d’Azur pour leur retraite (méritée) devraient  raisonner « attractivité globale » de leurs offres par rapport à leurs deux concurrents principaux: (Internet et les grands centres commerciaux).

« La France supporte les conséquences de son histoire, de ses villes construites autour d’un centre historique, un château, une église, qui ne vont pas dans le sens des consommateurs. Ces derniers ont besoin d’un accès simple, des équipements modernes type parking et des réseaux pour se connecter », explique Eric Plat, président de la Fédération du commerce associé (FCA) dans l’article des Echos de la Franchise  “Redynamiser les centres-villes, une cause perdue ?”

Pourquoi les acheteurs préfèrent-ils faire 30 km de voiture, s’entasser dans un parking ou cliquer sur Amazon ?

Des solutions

Avec la digitalisation, l’embarras du choix peut se trouver partout. Tous les commerçants peuvent organiser des livraisons à domicile, proposer des services annexes, mais bien utiles.

Chaque boutique devrait pouvoir offrir par son ambiance et sa déco un environnement onirique, ludique, incitant à l’achat (de la « modernité »), avoir des vendeurs compétents, même en période d’affluence, et bien à l’écoute de leurs clients et non de vendre à tout prix les invendus de la décennie.

La stratégie globale commerciale des municipalités devrait prendre en compte :

  • une offre commerciale suffisante et de qualité ;
  • ne plus vouloir exclure les automobiles des centres-ville, fluidifier toutes circulations exceptionnelles de voitures, les accueillir avec des parkings gratuits (même temporaires), leur faciliter l’accès des commerces (par exemple en évitant les petits travaux urbains en période d’affluence ou les emplacements réservés aux administrations en dehors des horaires d’ouverture) ;
  • favoriser l’implantation des transports en commun certes, mais sans entraves excessives aux voitures particulières ;
  • ne pas penser seulement à  taxer et réprimander les automobilistes ;
  • favoriser l’implantation d’enseignes dynamiques, également dans les centres-ville ;
  • prévoir de joyeuses animations, des promotions bien dynamisantes des rues commerçantes.

Et voici encore quelques idées :

  • diminuer les loyers des commerces trop élevés (prévoir même des exonérations temporaires de loyer) ;
  • augmenter les surfaces de magasins trop petits, en regroupant des boutiques contiguës ;
  • envisager des financements avec l’aide de la mairie et la garantie de la Caisse des Dépôts.
  • aménager les bâtiments (les logements au-dessus des boutiques sont souvent difficiles à mettre aux normes » ;
  • prévoir un « guichet unique des autorisations » (documents d’urbanisme, architecte des bâtiments de France) et suppression des CDAC en centre-ville (commissions départementales d’aménagement commercial);
  • créer une application locale centralisée sur les offres de toutes les boutiques du centre (heures d’ouvertures, promotions, événements commerciaux, etc.), voire l’emplacement des places de parking disponibles.

Tout un programme, certainement non exhaustive, qu’il vous appartient de compléter :

quelles sont vos solutions et réflexions pour enrayer la disparition des commerces dans les centres-ville ?

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